Ghali
Bensouda

Computational design pour la scénographie, le décor et les pièces textiles.

Basé à Marseille · Paris · Casablanca
remote privilégié
Outils Rhino · Grasshopper · Blender
Marvelous Designer · TouchDesigner · MadMapper
Contact gbensouda@gmail.com

Projets

2016 — 2025

Des dispositifs scéniques, des outils pour les artisans et des mises en valeur, suivis de la conception jusqu’à la réalisation. L’impression 3D en est le plus souvent le cœur ; la CNC et le laser la complètent, au service de techniques et de matériaux traditionnels.

concevoir systematiser fabriquer transmettre experimenter

Dispositifs scéniques — Starting with the Limbs, cie L'Autre Maison — Un dispositif passé de main en main
Dispositifs scéniques — Starting with the Limbs, cie L'Autre Maison — Au sol, les corps et les structures mêlés
Dispositifs scéniques — Starting with the Limbs, cie L'Autre Maison — Vue d'ensemble du plateau
Dispositifs scéniques — Starting with the Limbs, cie L'Autre Maison — Trois danseurs, trois dispositifs
Dispositifs scéniques — Starting with the Limbs, cie L'Autre Maison — Les dispositifs comme appuis
Environnement VR — Photophobia, Sanni Est — Scène de mangrove
Environnement VR — Photophobia, Sanni Est — Première à Kampnagel, Hambourg
Environnement VR — Photophobia, Sanni Est — Public de la première
Environnement VR — Photophobia, Sanni Est — Modèle 3D du poisson
Environnement VR — Photophobia, Sanni Est — Texture kaléidoscopique
Set design — Mass, film de Pierre Pauze — Exposition au Centre Pompidou-Metz
Set design — Mass, film de Pierre Pauze — Le décor sur le plateau de tournage, sous la lumière rouge
Set design — Mass, film de Pierre Pauze — Un rocher dans la brume
Set design — Mass, film de Pierre Pauze — Le plateau complet, lumière orange
Set design — Mass, film de Pierre Pauze — La même scène en bleu
Set design — Mass, film de Pierre Pauze — Le décor dans le cadre de la caméra
Set design — Mass, film de Pierre Pauze — Une plante sculptée, en contre-jour
Set design — Mass, film de Pierre Pauze — Décor pendant le tournage
Set design — Mass, film de Pierre Pauze — Sculpture en résine
Vitrines Hermès France H19 — La vitrine du château, de nuit (photo Alex Jonas)
Vitrines Hermès France H19 — La vitrine des coquillages (photo Alex Jonas)
Vitrines Hermès France H19 — Vitrine finale montée
Vitrines Hermès France H19 — Modèle 3D du coquillage
Vitrines Hermès France H19 — Modèle 3D du château
Vitrines Hermès France H19 — Modèle 3D de l'éventail, en deux valves
Vitrines Hermès France H21 — Vitrine finale — le dragon et ses cavaliers
Vitrines Hermès France H21 — Vitrines finales, duo de mannequins sous les arbres aux nuages
Vitrines Hermès France H21 — Modèle 3D du dragon
Vitrines Hermès France H21 — Modèle 3D des arbres — troncs tournés, coiffés de nuages
Vitrines Hermès France H21 — Modèle 3D des mains et accessoires
Mobilier lumineux espace VIP — Watches & Wonders / Pierre Pauze — La table VIP allumée — le miroir infini
Mobilier lumineux espace VIP — Watches & Wonders / Pierre Pauze — Les anneaux de LED, vus à travers le miroir sans tain
Mobilier lumineux espace VIP — Watches & Wonders / Pierre Pauze — Le cadre et sa profondeur
Mobilier lumineux espace VIP — Watches & Wonders / Pierre Pauze — De nuit
Mobilier lumineux espace VIP — Watches & Wonders / Pierre Pauze — Le bar à montres : la double courbure, finie
Mobilier lumineux espace VIP — Watches & Wonders / Pierre Pauze — Le dessus du bar, vu de près
Mobilier lumineux espace VIP — Watches & Wonders / Pierre Pauze — La table VIP — les anneaux éclairés
Mobilier lumineux espace VIP — Watches & Wonders / Pierre Pauze — Bar — rendu 3D
Mobilier lumineux espace VIP — Watches & Wonders / Pierre Pauze — Mobilier VIP — vue éclatée 3D
Mobilier lumineux espace VIP — Watches & Wonders / Pierre Pauze — Bar — plan de fabrication
Sculpture cinétique — Sabrina Ratté × Watches & Wonders — La sculpture suspendue devant l'installation vidéo de Sabrina Ratté — Watches & Wonders, Genève 2022 (photo Alicia Dubuis)
Sculpture cinétique — Sabrina Ratté × Watches & Wonders — Une alcôve : la montre posée dans le paysage vidéo (photo Galerie Charlot)
Sculpture cinétique — Sabrina Ratté × Watches & Wonders — Rendu de la scénographie
Sculpture cinétique — Sabrina Ratté × Watches & Wonders — Sculpture imprimée en 3D
Sculpture cinétique — Sabrina Ratté × Watches & Wonders — Plan de la sculpture Himalaya
Collection mobilier paramétrique — Saket Sethi Design — Sofa — rendu paramétrique
Collection mobilier paramétrique — Saket Sethi Design — Twirl Sofa
Collection mobilier paramétrique — Saket Sethi Design — Déclinaisons issues de la définition Grasshopper
Collection mobilier paramétrique — Saket Sethi Design — Structure du maillage
Collection mobilier paramétrique — Saket Sethi Design — Mobilier en situation
Ornements imprimés — deux pièces pour l'atelier Zaa — Caftan en mousseline orange, de face
Ornements imprimés — deux pièces pour l'atelier Zaa — Le motif imprimé en argent, sur la poitrine
Ornements imprimés — deux pièces pour l'atelier Zaa — Le tracé de près, souligné de paillettes par l'atelier
Ornements imprimés — deux pièces pour l'atelier Zaa — En pied, sous un autre angle
Ornements imprimés — deux pièces pour l'atelier Zaa — De dos
Ornements imprimés — deux pièces pour l'atelier Zaa — Gilet en brocart doré, de face
Ornements imprimés — deux pièces pour l'atelier Zaa — De profil — les fleurs montent sur la manche
Ornements imprimés — deux pièces pour l'atelier Zaa — De dos
Ornements imprimés — deux pièces pour l'atelier Zaa — De trois quarts — les fleurs montent jusqu’à l’épaule
Passementerie imprimée — Sur un caftan orange — la rangée de boutons suit l'ouverture
Passementerie imprimée — Le même, de près : un motif en spirale, accordé au tissu
Passementerie imprimée — Sur un brocart bleu
Passementerie imprimée — Deux formes alternées sur la même rangée
Passementerie imprimée — Sur un tissu pailleté noir
Passementerie imprimée — Sur un voile rose et argent
Passementerie imprimée — De près : boutons carrés à facettes
Vortex — Deux vases en dégradé rose-orange, chrysanthèmes
Vortex — Profil vrillé noir, avec des lys
Vortex — Trois tirages en usage
Vortex — Rouge et cuivre — cannelures devant, relief derrière
Vortex — Deux tirages du même profil, deux couleurs
Vortex — Trois soliflores emboîtés
Vortex — Trio — une seule variable déplacée, trois silhouettes
Vortex — Cache-pot — large et bas, la paroi fait ressort
Vortex — Relief — la surface née d'un bruit

De la définition 3D à la pièce montée.

Recherche

Recherche — en activité

Des articles, un par famille de projets : comment les pièces ont été faites, commandes et recherches personnelles mêlées. Chacun ouvre aussi des pièces qui n'ont pas de vignette. Au-dessus, une pièce de recherche personnelle, en grand.

Mode vase — Les deux parois sur une même photo : cannelures vrillées devant, texture en relief derrière
Mode vase — Deux tirages roses et un blanc, en usage
Mode vase — Vase noir, profil vrillé, lys
Mode vase — Deux tirages du même profil, dégradé rose-orange
Mode vase — Trois soliflores, même définition, trois profils
Mode vase — Deux tirages du même profil — la couleur qui affleure dépend de l'angle d'impression
Mode vase — Un seul point de vue, deux couleurs : le flanc intérieur ne renvoie pas ce que renvoie le flanc extérieur
Mode vase — Même architecture, même hauteur : seule la courbe intermédiaire du loft change
Mode vase — Un mur continu, un effet de strates, une souplesse de ressort au toucher
Mode vase — Tenu en main : l'amplitude retenue, celle qui se sent sans que la paroi décroche
Mode vase — Le même objet posé — la couleur n'a pas changé, la lumière si
Mode vase — Boîte et son couvercle : le remplissage en courbe de Hilbert, laissé apparent au lieu d'être couvert
Soliflores Le profil nu, sans variation : trois cols étroits pour une seule tige. 1

Le point de départ de la famille : la définition à l'état simple, sans variation ajoutée. Trois soliflores tirés du même profil en étoile, un col assez étroit pour tenir une tige droite sans la serrer.

C'est sur eux que la contrainte se voit le mieux. Un col fin et un ventre large, en une seule paroi, c'est exactement le cas où un cylindre lisse s'effondrerait : ce sont les cannelures qui portent le rétrécissement.

Duos Deux tirages côte à côte, pour rendre visible ce que l'angle fait à la couleur. 2

Là où les soliflores montrent le profil, les duos montrent la couleur — et il en faut deux pour ça. Une seule pièce ne prouve rien : c'est la comparaison, à la même heure et sous la même lumière, qui rend l'effet lisible.

Le filament est coextrudé sur trois ou quatre pistes. L'angle sous lequel la buse dépose la matière décide de celle qui affleure, si bien que deux objets issus du même rouleau ne renvoient pas la même teinte. Et sur un seul d'entre eux, le flanc extérieur d'une cannelure et son flanc intérieur ne donnent pas la même couleur non plus.

Trio Une seule variable déplacée : la courbe intermédiaire du loft monte ou descend. 1

Les duos comparent deux tirages du même profil ; le trio compare trois profils différents issus de la même architecture. Même hauteur, même nombre de branches, même filament — et une seule variable qu'on déplace : la courbe intermédiaire du loft, qu'on fait monter ou descendre entre la base et le col.

Ça suffit à changer complètement la silhouette sans que la famille se défasse. Le filament à dégradé fait le reste : comme la couleur avance avec la longueur imprimée, deux pièces de hauteurs identiques mais de volumes différents ne consomment pas la même matière, et ne sortent jamais de l'imprimante avec le même dégradé.

Cache-pot Large et bas, un mur continu qui se comporte comme un ressort sous la main. 1

Le seul de la famille à ne pas être vertical. Sa forme large et basse laisse la paroi presque libre entre la base et le bord, et c'est là que la finesse devient sensible : imprimé en buse 0,6 mm, le mur cède un peu sous les doigts et revient — un effet de ressort, sans que l'objet perde sa tenue.

Le tracé continu, lui, se lit à l'œil comme un empilement de strates. C'est la même paroi unique que sur les soliflores, mais posée à plat elle raconte l'impression au lieu de la cacher.

Relief L'autre façon de faire une surface : un bruit déplace les sommets, l'étanchéité arbitre. 2

Les cinq autres contenants tirent leur surface du profil. Celui-ci est le seul à la tirer du maillage — et c'est pour ça qu'il existe.

Le point de départ est la même surface loftée, mais lisse. Convertie en maillage, elle reçoit une texture de bruit qui lui sert de carte de hauteur : chaque sommet est déplacé le long de la normale à la surface, d'une valeur lue dans le bruit au point le plus proche. Vers l'extérieur, vers l'intérieur, selon le point.

Toute la recherche tient dans cette valeur. Trop faible, le relief ne se sent pas sous la main et l'objet ne raconte rien. Trop forte, la paroi part en porte-à-faux, l'impression laisse des trous, et le vase fuit. L'étanchéité est le juge — c'est la seule fois de la série où le critère n'est pas visuel.

Boîte L'exception de la série : ici la surface vient du remplissage, pas de la paroi. 1

C'est le seul objet de la famille qui n'est pas une paroi unique — et il y a sa place quand même, parce qu'il pose la même question par l'autre bout.

Ses couvercles ont un intérieur, donc un remplissage. Au lieu de le couvrir d'une peau lisse comme le fait tout slicer par défaut, il est laissé apparent : le motif choisi est une courbe de Hilbert, une ligne unique qui remplit le plan sans jamais se croiser. Sur le même filament coextrudé que les vases, ça donne un moirage serré que la photo rend mal.

Le lettrage est imprimé dans un second filament, sur une A1 équipée de son extension multi-matière. Là encore, rien n'est ajouté après coup : la marque est dans la matière.

COURBE DE HILBERTBAMBU LAB A1IMPRESSION MULTI-FILAMENT
Mode vase 2026

Des contenants imprimés d'une seule paroi, où la surface est le chemin de la buse.

Une famille de contenants imprimés d'une seule paroi continue. La buse ne s'arrête pas entre la base et le col : tout ce qu'on voit à la surface — les cannelures, le relief, les couleurs qui basculent — est le tracé lui-même. Rien n'est peint ni texturé après coup.

profil en étoile (Grasshopper)loft entre cercles pivotéstranchage en mode vase (Bambu Studio)impression une paroi, buse 0,4 mm

Le profil est une étoile, lissée par un loft entre des cercles qu'une rotation décale les uns par rapport aux autres : c'est de là que vient le mouvement en vortex. C'est aussi ce qui tient l'objet debout. Une paroi de 0,4 mm de large n'a aucune raison d'être rigide ; pliée en cannelures vrillées, elle le devient. Le pli remplace l'épaisseur.

Le filament est coextrudé en trois ou quatre couleurs, et c'est l'angle d'impression qui décide de celle qui affleure. De loin, l'objet change de teinte quand on tourne autour. De près, une même face en montre deux à la fois, selon qu'on voit le flanc extérieur ou le flanc intérieur d'une cannelure.

Six objets sortent de cette même définition, et chacun en déplace un paramètre. Ils se lisent un par un ci-dessous : ouvrir l'un d'eux change les images du cadre.

RHINOGRASSHOPPERBAMBU STUDIOIMPRESSION 3DBAMBU LAB A1

Thalassic Kaftan — L'image qui a ouvert la recherche — broderie générée, corail et fil d'or
Thalassic Kaftan — Où tombent les images générées — traditionnel / interprété, oriental / marocain
Thalassic Kaftan — Premier essai Midjourney — broderie d'or sur organza noir
Thalassic Kaftan — Variation sur la fente centrale — densité du semis
Thalassic Kaftan — Variation sur la fente centrale — motif continu
Thalassic Kaftan — Variation sur la fente centrale — dégradé vers le bas
Thalassic Kaftan — Planche de matérialité — vingt-huit états du même principe
Thalassic Kaftan — Variations de motif sur l'épaule et le dos
Thalassic Kaftan — Zooms — ce que devient le détail à cinquante-cinq millimètres
Thalassic Kaftan — Recherche d'image source — corail, saturation maximale
Thalassic Kaftan — L'image retenue — le relief lisible en luminosité
Thalassic Kaftan — L'image source symétrisée, prête pour l'échantillonnage
Thalassic Kaftan — Définition Grasshopper — l'image lue canal par canal
Thalassic Kaftan — Définition Grasshopper — seuil de contour et attracteurs
Thalassic Kaftan — Fleuron obtenu par symétrie — premier seuil
Thalassic Kaftan — Fleuron obtenu par symétrie — deuxième seuil
Thalassic Kaftan — Fleuron obtenu par symétrie — troisième seuil
Thalassic Kaftan — Bande symétrique — le motif déroulé en frise
Thalassic Kaftan — Courbes de niveau, variante ouverte
Thalassic Kaftan — Modèle de la broderie imprimée — perles logées dans le bourrelet
Thalassic Kaftan — Le même modèle, socle et perles séparés
Thalassic Kaftan — Formes fermées, rendues en volume avant impression
Thalassic Kaftan — Définition des courbes de perlage sur le tracé
Thalassic Kaftan — Parcours de buse — le G-code n'est pas un tranchage, c'est une trajectoire
Thalassic Kaftan — Parcours de buse — variante de remplissage
Thalassic Kaftan — Parcours de buse — chemin en vue de dessus
Thalassic Kaftan — Échantillon — impression sur tulle noir tendu
Thalassic Kaftan — Échantillon — perles cousues dans les logements imprimés
Thalassic Kaftan — Essais d'arcs perlés sur tulle, avec la *sfifa* d'origine
Thalassic Kaftan — Boucles perlées, montées à la main sur le tracé imprimé
Thalassic Kaftan — Détail de couture — la perle prise dans le bourrelet
Thalassic Kaftan — Rangée de perles imprimée d'un seul trait
Thalassic Kaftan — Recherche de symétrie — la forme de base et ses replis
Thalassic Kaftan — Patronage devant — demi-empiècement, symétrisé
Thalassic Kaftan — Patronage dos, posé sur le buste
Thalassic Kaftan — Plein et vide — étude d'une cellule répétable
Thalassic Kaftan — Le panneau complet, matières attribuées
Thalassic Kaftan — Le motif reporté sur les pièces du caftan
Thalassic Kaftan — Matière multicouche construite sous Substance Designer
Thalassic Kaftan — Premier montage — empiècement d'épaules
Thalassic Kaftan — Premier montage — buste et fente centrale
Thalassic Kaftan — Silhouette de face
Thalassic Kaftan — Silhouette de trois quarts
Thalassic Kaftan — Silhouette de dos
Thalassic Kaftan — Thalassic Kaftan — rendu Blender, de dos
Thalassic Kaftan — Buste — or, turquoise et perles sur voile noir
Thalassic Kaftan — Poignet brodé
Thalassic Kaftan — Bas de robe — la broderie remonte de l'ourlet
Thalassic Kaftan — La matière de près — fils d'or, remplissages perlés, transparences
L'identité du motif Ce qui fait qu'un caftan est marocain ne tient pas dans sa silhouette. 11

Avant la définition, avant le vêtement, une question : qu'est-ce qui rend un caftan marocain ? C'est elle qui a décidé de tout le reste, et c'est la seule étape où l'outil a répondu à côté.

J'ai reporté mes premières images générées sur un diagramme à deux axes — traditionnel / interprété, oriental / marocain — pour voir où elles tombaient. Presque toutes du côté oriental. L'outil restitue un imaginaire, pas une identité. Ce qui fait le marocain tient dans les techniques et dans les mains qui les tiennent — le ntaâ de Fès, la sfifa skali, le perlage — pas dans la silhouette.

J'ai donc cherché le motif du côté de la matière plutôt que du répertoire. Les explorations tournent autour d'une architecture corallienne : floral et géométrique à la fois, ce que le motif de Fès fait déjà.

Trouver l'image à échantillonner a demandé autant de travail que le motif lui-même. Il fallait une photographie dont le rouge, le contraste et la luminosité portent chacun une information exploitable à une étape différente du calcul — trois canaux, trois usages.

MIDJOURNEYRECHERCHE ICONOGRAPHIQUE
La définition Une image lue canal par canal, qui ressort en trajectoires de buse. 7

C'est le seul des cinq moments qui ressert ailleurs : une fois écrite, la définition ne connaît plus le caftan. Donne-lui une autre image et elle produit un autre motif.

Elle lit l'image source canal par canal, en tire des courbes de niveau, les ferme, les symétrise. En sortie, un motif dont la densité, l'épaisseur et le remplissage restent réglables — c'est tout l'intérêt : on change d'avis sur la surface entière d'un coup, sans reprendre le tracé.

Et elle ne produit pas un objet à trancher. Elle produit *directement le parcours de la buse* : chaque bourrelet de broderie est une trajectoire, pas un volume qu'un logiciel de découpe traduirait ensuite. C'est ce qui permet d'imprimer sur du tulle tendu au lieu d'imprimer un objet qu'on coudrait après.

GRASSHOPPERIMAGE SAMPLERRHINOG-CODE
La broderie imprimée La partie qui sort de l'écran : imprimée sur tulle tendu, perlée à la main. 13

C'est ici que la chaîne quitte l'écran, et c'est le seul moment où elle peut échouer pour de bon : ce qui tient dans un rendu ne tient pas forcément sur un mètre de tulle.

La définition ne produit pas un objet à trancher mais directement le parcours de la buse — chaque bourrelet est une trajectoire. Le modèle prévoit ses propres logements : le bourrelet est dessiné avec le creux où la perle viendra se loger, avant même d'être imprimé.

Imprimé sur du tulle tendu, le filament prend le tissu. Les perles sont ensuite cousues à la main dans les creux prévus pour elles. Deux échantillons, un noir et un blanc — assez pour savoir que le geste de l'atelier et la machine peuvent tenir sur le même morceau d'étoffe.

C'est le partage qui compte : la machine pose ce qu'une main ne saurait pas répéter à l'identique sur toute une surface, et la main fait ce qu'aucune buse ne sait faire — enfiler, tendre, arrêter le fil.

G-CODEIMPRESSION 3DFILAMENT FLEXIBLEPERLAGE
Le caftan Le patronage rejoue la symétrie du motif à l'échelle du vêtement. 17

Le motif existe, la définition tourne : reste à décider où il tombe sur un corps. C'est ici que le vêtement apparaît, et c'est ici que les arbitrages se font.

Le patronage rejoue la même symétrie, mais à l'échelle du vêtement. Le motif se pose sur les pièces à plat, et c'est là que se décide où va le plein, où va le vide, où vont l'or et les perles — pas sur le rendu, où il serait trop tard.

Le montage est fait sous Marvelous Designer, la matière construite en multicouche sous Substance Designer, l'éclairage sous Blender. La broderie n'est pas une texture plaquée : elle a une épaisseur, des transparences, et le voile noir se voit à travers là où le remplissage s'arrête.

MARVELOUS DESIGNERSUBSTANCE DESIGNERBLENDER
Le défilé digital Le vêtement porté et marché, sans qu'un mètre de tissu ait été coupé. 1

Le dernier état de la pièce, et celui qui a fini par déborder du caftan : le vêtement est posé sur un personnage animé sous Mixamo, puis rendu sous Blender.

Porté et marché sans qu'un mètre de tissu ait été coupé, et sans qu'aucune caméra n'ait tourné. Ce n'est pas une vue de présentation : c'est l'endroit où le vêtement doit tenir en mouvement — les plis, la retombée, la façon dont la broderie accroche la lumière quand le corps se déplace. Un rendu fixe ne dit rien de tout ça.

C'est de là qu'est partie l'idée d'un défilé comme méthode plutôt que comme aboutissement.

MIXAMOBLENDER
Thalassic Kaftan 2023

Un caftan dont la broderie n'est pas dessinée mais calculée.

Un caftan dont la broderie n'est pas dessinée mais calculée. La pièce va d'un bout à l'autre de la chaîne : le motif, le patronage, la matière, le rendu — et deux échantillons cousus main qui vérifient que la chose peut exister en atelier. Elle a été menée pendant Body Architecture 2.0, la masterclass de Filippo Nassetti (PAACADEMY, février 2023), d'où viennent aussi les masques de la même série.

image échantillonnéecontours GrasshopperG-code, impression sur tulleperlage mainpatronage Marvelous Designerrendu Blenderdéfilé digital

Ce que la broderie paramétrique permet et que le dessin à la main ne permet pas, c'est de changer d'avis sur toute la surface d'un coup, sans recommencer le tracé. La densité, l'épaisseur et le remplissage du motif restent réglables jusqu'au dernier moment — jusqu'au patronage, où l'on décide encore où va le plein, où va le vide, où vont l'or et les perles.

Cinq moments se lisent séparément ci-dessous. Chacun a une vie propre : la définition est un outil qui ressert, le défilé est devenu un objet à lui seul.

MIDJOURNEYGRASSHOPPERIMAGE SAMPLERRHINOG-CODEIMPRESSION 3DPERLAGEMARVELOUS DESIGNERSUBSTANCE DESIGNERMIXAMOBLENDER
2 sujets parlent de cette piece

Re-former le textile — Porté : sur un tulle chair, le motif tient seul et le tissu s'efface
Re-former le textile — Autre état, sur mousseline mauve — corail, violet et or
Re-former le textile — Autre état encore, sur mousseline bleu-vert : les mêmes formes, un registre de couleur entier de décalage
Re-former le textile — À plat, le motif entier : deux oiseaux et leur branche
Re-former le textile — Le même motif en bleu, posé sur du tulle blanc
Re-former le textile — De près : la tête en triangles mats, le corps en rondelles bleues et or
Re-former le textile — Les perles seules sur la maille — trois diamètres, trois hauteurs, un dégradé
Re-former le textile — Une fleur, sur mousseline mauve
Re-former le textile — La même fleur en pleine lumière : corail, parme et paillettes d'or
Re-former le textile — Détail : la buse alterne les familles de perles selon la couche de l'image
Re-former le textile — Un registre plus sombre — cuivre et bleu nuit, perles plus larges
Re-former le textile — La définition au travail : chaque famille de perles reçoit sa couche de l'image
Re-former le textile — L'oiseau réduit à des points, avant que la buse ne les traduise en volumes
Re-former le textile — Le tracé imprimé sur un voile teint, porté à même l'épaule
Re-former le textile — De près : la ligne franchit la couture de l'épaule sans s'interrompre, et le bord droit arrête le motif net
Re-former le textile — La composition en cours sur le brocart : velours, lamé, tulle et organza, tous tenus par le même contour
Re-former le textile — Une fleur seule — pétales de lamé découpés au ras de la ligne, cœur de soie froissée
Re-former le textile — Contours souples et contours rigides sur la même pièce : les uns retombent, les autres tiennent le relief
Re-former le textile — Assemblage : la fleur est cousue point par point, avec ses rangs de perles
Re-former le textile — Une guirlande de fleurs translucides — le contour reste lisible même quand le tissu ne l'est plus
Le perlage imprimé La perle n'est plus cousue sur le tissu : elle est imprimée dessus, et le tulle est pris dedans. 13

Des trois recherches, c'est celle où la matière est la plus divisée : au lieu d'un contour continu, des milliers de perles minuscules, posées une par une par la buse sur du tulle tendu.

Il faut distinguer ce geste d'une broderie imprimée ordinaire, où la machine dessine un bourrelet creux et où la main vient ensuite y coudre de vraies perles. Ici, *la perle est l'impression*. Elle se forme autour du fil de tulle, qui reste pris à l'intérieur. Aucun point ne la retient : elle ne peut plus glisser, et la maille continue de bouger tout autour.

Le motif ne se dessine pas, il se traduit. Une image de départ passe dans une définition Grasshopper qui la lit en couches — teinte, saturation, luminosité — et qui répartit sur chacune une famille de perles : diamètre, hauteur, forme, couleur de filament. C'est ce dispatching qui fait qu'un oiseau reste lisible une fois réduit à des rondelles de deux millimètres.

Ce sont des essais en incréments, et c'est le point : à chaque tirage se règle une chose et une seule — la justesse des couleurs, la densité, la forme des perles, ou la façon dont l'image de départ se laisse interpréter. Les pièces portées ci-dessous sont trois états successifs, pas trois variantes.

C'est en écrivant cette chaîne qu'est né le plugin Grasshopper hudhud : filtres d'image, outils d'affichage par itération, dispatching et packing de cercles, et un composant qui sort le G-code directement depuis Rhino — trajet continu, tranchage non planaire — sans passer par un slicer. Bambu Studio reprend la main quand il faut un échantillon rapide et bien réglé, notamment pour ordonner les changements de filament selon la hauteur des formes.

Destination : des gilets. Le tulle disparaît sur la peau, et il ne reste que le motif.

MIDJOURNEYRHINOGRASSHOPPERG-CODEBAMBU STUDIO
Le contour qui fige Une seule ligne continue, en filament souple : là où elle passe, le voile cesse de tomber. 2

À l'exact opposé du perlage : ici, pas de points, une seule ligne. Le filament est souple, il est déposé en un tracé continu sur un voile teint, et c'est ce tracé — et lui seul — qui fige le tissu.

Le motif vient de la même définition Grasshopper que les kaftans brodés à partir d'image : une photographie lue en courbes de niveau, refermées les unes dans les autres. Là-bas, le dessin partait aux brodeuses et se faisait à l'aiguille. Ici, il part directement à la buse.

Ce que ça permet est un peu inattendu : un contour organique qui tient tout seul. Le voile, souple partout ailleurs, devient rigide sur la ligne — la forme se délimite d'elle-même, sans ourlet, sans thermocollant, sans point d'arrêt. Le drapé reprend un millimètre plus loin.

L'échantillon s'arrête là pour l'instant. Il n'a été exploité dans aucune commande : je le réserve à une production personnelle — la collection Nassij — où le tracé imprimé servirait de plan de perlage, et serait ensuite perlé et pailleté à la main, comme le kaftan orange.

GRASSHOPPERIMPRESSION 3DFILAMENT FLEXIBLE
Les fleurs découpées Le contour imprimé tient la trame : le pétale se découpe dessus, et ne s'effiloche pas. 5

Le même geste que le contour sur voile, mais refermé sur lui-même — et cette fois on découpe dedans.

Chaque fleur est d'abord un dessin : une image générée, retouchée, puis mise en typologies sous Rhino. Le contour de chacune est ensuite imprimé sur un textile à trame large — lamé, tulle, organza, velours. Là où la matière a été déposée, la trame ne bouge plus. On peut alors couper le pétale à ras de la ligne : il ne s'effiloche pas, et la ligne imprimée devient le bord visible. La finition et la structure sont le même trait.

Le filament change selon le tissu et selon l'effet voulu. Souple, le pétale continue de tomber et se froisse comme le reste de l'étoffe. Rigide, il garde la courbure qu'on lui donne et tient en relief à quelques millimètres du fond. Sur une même pièce, les deux pourront se mêler — c'est ce qui donnera du volume à une composition à plat. Les fleurs rigides attendent encore leur gilet : sur le premier, seules les souples ont été posées.

Les fleurs sont ensuite composées et assemblées à la main, une par une, sur des pièces uniques : un cœur de soie froissée, un cordon d'or, un rang de perles. C'est un gilet en brocart doré, commandé par un atelier de couture de luxe au Maroc, qui en a reçu la première série complète. La technique, elle, n'y est pas épuisée : elle marche sur tout tissu dont la trame est assez ouverte pour que le filament la traverse.

MIDJOURNEYPHOTOSHOPRHINOIMPRESSION 3DFILAMENT FLEXIBLE
Re-former le textile 2024 — 2026

Le tissu pris entre deux passes de matière : l'impression ne se pose pas sur l'étoffe, elle la saisit.

Rien n'est collé, rien n'est cousu : le tissu est pris entre deux passes de matière. La buse dépose une première couche, l'étoffe vient dessus, la buse termine par-dessus — PLA / textile / PLA. Ce qui tient la forme au tissu n'est pas un point de couture, c'est un serrage mécanique dans l'épaisseur de la maille.

imagedéfinition Grasshopperparcours de buseimpression sur tissu tendureprise à la main

Ce que ça change n'est pas décoratif. Un tissu est souple partout ; celui-ci ne l'est plus qu'où on l'a décidé. La matière fige l'étoffe exactement à l'endroit imprimé, et le reste continue de tomber. C'est cette souplesse inégale qui est l'objet de la recherche — un contour qui tient tout seul, un pétale qu'on peut découper sans qu'il s'effiloche, une perle qui ne bouge plus.

La chaîne est la même dans les trois cas : une image, une définition Grasshopper qui la lit canal par canal, et une sortie qui n'est pas un volume à trancher mais *directement le parcours de la buse*. C'est en écrivant cette chaîne que le plugin Grasshopper est né, pour cesser de la refaire à chaque motif.

Trois recherches en sortent, dans trois matières et à trois échelles. Elles se lisent une par une ci-dessous : ouvrir l'une d'elles change les images du cadre.

RHINOGRASSHOPPERIMPRESSION 3DFILAMENT FLEXIBLEPERLAGE

Boutons — Spirales imprimées, accordées au tissu — le dégradé du filament suit celui de l'étoffe
Boutons — La ligne complète sur la tenue, du col à l'ourlet
Boutons — Boutons carrés translucides, dégradé rose vers l'or
Boutons — La même tenue, tulle et lamé : le bouton prend la lumière comme le tissu
Boutons — Boutons irisés sur un fond de sequins — la couleur bascule selon l'angle
Boutons — La pièce entière, en atelier
Boutons — Deux familles de boutons montées côte à côte, pour trancher sur le vêtement
Boutons — Le détail de la comparaison — motifs ajourés d'un côté, cerclages de l'autre
Boutons — Le porte-échantillons : il pivote autour de son axe et libère le bouton qu'on veut essayer
Boutons — Une série sortie de l'imprimante, groupée par motif sur ses socles
Boutons — Bande d'essai — impression directe sur le tissu, à côté des boutons cousus
Boutons 2026

Là où la tradition tresse la soie, une alternative imprimée — dessinée pour une tenue et une seule.

Un travail mené en exclusivité avec un atelier de couture marocain qui a plus de cinquante ans d'existence — dfina, caftan, kmiss, jellaba. Sur ces vêtements, les boutons sont traditionnellement montés à la main en fil de soie tressé, l'aqad. C'est un savoir-faire entier, et il n'est pas question de le remplacer : l'impression 3D vient à côté, comme une autre voie possible sur certaines pièces — les grandes tenues, surtout.

dessin du motiféchantillons par tenuechoix sur le vêtementsérie

Ce qui rend cette voie crédible, c'est que l'atelier travaille déjà avec des fournisseurs de textiles très contemporains. Il s'ouvre au design d'aujourd'hui tout en gardant des coupes et des finitions traditionnelles, et c'est exactement par là que la porte s'est ouverte : le bouton imprimé n'arrive pas comme une nouveauté technique, il arrive comme une matière de plus dans un vocabulaire qui bougeait déjà.

Chaque bouton est dessiné pour une tenue et une seule — sa forme, son motif, sa couleur, sa matière. C'est ce que le filament permet et que la soie ne permet pas : accorder un bouton au tissu au lieu de choisir dans un catalogue. Une fois quelques échantillons validés, la série part.

Tout ce qui entoure la série est aussi de ma main. Le porte-échantillons numéroté qui pivote autour d'un axe et libère les boutons qu'on veut comparer, les socles de présentation, les planches d'essai : des objets conçus sur Grasshopper et imprimés, pour que le choix se fasse directement sur le vêtement, à la lumière de l'atelier, et pas sur un écran.

L'atelier me demande aussi de produire des graphismes et de les mettre à l'échelle, parfois de choisir les couleurs, pour aider les artisans à monter des broderies uniques. Les artisans sont souvent force de proposition en retour. C'est ce va-et-vient qui m'intéresse le plus : ces techniques ouvrent une des nombreuses portes que notre siècle propose pour élargir le champ de la réinterprétation artisanale, sans sortir de la tradition. En dehors des commandes, c'est un de mes principaux leitmotive.

GRASSHOPPERIMPRESSION 3DFILAMENTPASSEMENTERIEBRODERIE

L'atelier — Avant : la pièce vide, son parquet et son lustre
L'atelier — Après, depuis le même angle : la table de repas devenue établi, les tissus en attente sur l'étagère
L'atelier — Le panier d'échantillons — chaque réglette numérotée garde une série, et c'est la seule façon de la retrouver
L'atelier — Le buste des essais : tout ce qui existe déjà, épinglé à hauteur de corps
L'atelier — Neuf motifs de boutons montés sur leurs bras, ouverts en éventail pour être comparés d'un geste
L'atelier 2026

Un appartement vidé, deux imprimantes — et surtout de quoi choisir une couleur autrement que sur un écran.

L'atelier est un appartement, au Maroc. Parquet à motifs, lustre au plafond, une grande table en bois qui servait à manger et qui sert maintenant d'établi. Il a été vidé avant d'être rempli : la première photo est prise juste avant l'installation, la seconde depuis le même angle, une fois les machines posées.

impressionéchantillon numérotéessai sur la pièce, à la lumière de la piècesérie

Deux Bambu Lab, du filament classé en boîtes par code couleur — chaque bobine rangée selon ce qu'elle sait faire, pas selon sa teinte —, et un coin de table où certains boutons reçoivent leur résine teintée à la main.

Mais l'essentiel de ce qu'on voit ici n'est pas une machine : ce sont des instruments de choix. Chaque tirage laisse un échantillon, monté sur une réglette noire numérotée, et les réglettes s'accumulent — des centaines de perles, de boutons, de motifs, rangés en éventail dans un panier de paille. Rien n'est jeté, parce que rien ne se retrouve autrement : un filament qui a bien réagi il y a six mois n'est retrouvable que par son échantillon.

À côté, un buste porte les essais épinglés, pêle-mêle : broderies, fleurs découpées, tulles perlés, un rang de perles qui pend. Ce n'est pas un moodboard, c'est un état des lieux — ce qui existe déjà, mis à hauteur de corps, où on peut le comparer d'un coup d'œil.

Tous ces objets servent la même chose : aucun de ces choix ne se fait sur un écran. Une couleur de filament ne se juge que posée sur le tissu qu'elle doit accompagner, sous la lumière de la pièce où le vêtement sera vu. Le reste — le rendu, la palette à l'écran — ment poliment.

BAMBU LAB A1IMPRESSION 3DFILAMENTRÉSINE

Masques — Body Architecture 2.0 — Thalassic Mask — des lamelles qui suivent le crâne, de face
Masques — Body Architecture 2.0 — Thalassic Mask — de profil
Masques — Body Architecture 2.0 — Érosion — le visage creusé, de face
Masques — Body Architecture 2.0 — Érosion — de profil, la tête réduite à ses strates
Masques — Body Architecture 2.0 — Sphere packing — de face
Masques — Body Architecture 2.0 — Sphere packing — de profil
Masques — Body Architecture 2.0 — Sphere packing — le corps entier
Masques — Body Architecture 2.0 2023

Trois logiques génératives posées sur une même tête : des lamelles, une érosion, un empilement de sphères.

Masterclass Body Architecture 2.0, Filippo Nassetti · PAACADEMY

Trois masques développés pendant Body Architecture 2.0, la masterclass de Filippo Nassetti (PAACADEMY, février 2023) — le même workshop que le Thalassic Kaftan.

Chacun pose une logique de génération différente sur la même tête : des lamelles qui suivent le crâne, une érosion qui creuse le visage, un empilement de sphères qui finit par recouvrir le corps entier.

L'aire poids lourd — le dispositif — Les praticables en place, avant la représentation
L'aire poids lourd — le dispositif — Deux interprètes sur le praticable
L'aire poids lourd — le dispositif — Un interprète seul en lumière ; le praticable reste en retrait
L'aire poids lourd — le dispositif — Le plateau dans le noir
L'aire poids lourd — le dispositif 2024

Un dispositif qui se reconstruit dans chaque théâtre, avec les praticables du lieu.

Pour L'aire poids lourd, les praticables étaient prêtés par chaque théâtre : le dispositif devait pouvoir se reconstruire n'importe où, avec ce que le lieu possède.

planjupes calculées et cousuesélément mobilemontage dans chaque théâtre

J'en ai dessiné le plan — la direction, les niveaux —, calculé et cousu les jupes, choisi les tapis de danse et dessiné leur plan de découpe — découpés et posés pour la première, avant de passer la main —, et conçu un élément mobile : trois praticables sur roulettes, aux panneaux de jupe détachables, qui devient au milieu de la pièce une sorte de table de pique-nique.

PRATICABLESJUPESTAPIS DE DANSEPLAN DE PLATEAU

Starting with the Limbs — l'atelier — Un module seul — les coudes imprimés, reliés par des tubes
Starting with the Limbs — l'atelier — Le même module, une autre face
Starting with the Limbs — l'atelier — De biais
Starting with the Limbs — l'atelier — De dessus
Starting with the Limbs — l'atelier — Planche de concept générée — substrats, articulations, excroissances
Starting with the Limbs — l'atelier — Planche de concept générée — les trois familles sur le plateau
Starting with the Limbs — l'atelier — Planche de concept générée — des substrats dans le volume de scène
Starting with the Limbs — l'atelier — Planche de concept générée — la scène esquissée
Starting with the Limbs — l'atelier — Planche de concept générée — une articulation entre deux corps
Starting with the Limbs — l'atelier — Image de concept générée — l'ambiance cherchée
Starting with the Limbs — l'atelier — Image de concept générée — un substrat à l'échelle du corps
Starting with the Limbs — l'atelier — Une excroissance imprimée, portée — premier essai
Starting with the Limbs — l'atelier — La même, de face
Starting with the Limbs — l'atelier — Rendu d'un substrat ajouré, à l'échelle d'une silhouette
Starting with the Limbs — l'atelier — Le même substrat, de près
Starting with the Limbs — l'atelier — Un substrat ajouré sur le plateau de la Prusa XL
Starting with the Limbs — l'atelier — Le même, vu de côté
Starting with the Limbs — l'atelier — Premier coude, en PLA, sur une tige fine
Starting with the Limbs — l'atelier — Un coude à trois branches
Starting with the Limbs — l'atelier — Le coude et sa tige, désassemblés
Starting with the Limbs — l'atelier — Une première structure, coudes et tiges
Starting with the Limbs — l'atelier — Premiers essais avec les danseurs, en studio
Starting with the Limbs — l'atelier — Une structure portée sur la tête
Starting with the Limbs — l'atelier — Le même essai
Starting with the Limbs — l'atelier — Un module fermé par une membrane irisée
Starting with the Limbs — l'atelier — La membrane, de près
Starting with the Limbs — l'atelier — Une face fermée en textile
Starting with the Limbs — l'atelier — Une branche cassée net, le long des couches d'impression
Starting with the Limbs — l'atelier — Deux branches imprimées en parallèle, sur leurs supports en arbre
Starting with the Limbs — l'atelier — Sur la Prusa XL : la gravité contre les branches
Starting with the Limbs — l'atelier — Un demi-coude, marqué — certains sont coupés en deux pour tenir sur le plateau
Starting with the Limbs — l'atelier — Le tube s'enfonce dans le coude ; les inserts attendent les vis
Starting with the Limbs — l'atelier — Un nœud monté : la vis dans l'insert, la jonction des deux moitiés
Starting with the Limbs — l'atelier — Le marquage « E3 » de part et d'autre d'une jonction
Starting with the Limbs — l'atelier — « D14 » : chaque branche dit où elle va
Starting with the Limbs — l'atelier — Tout le poids sur deux modules
Starting with the Limbs — l'atelier — Au sol, avec un module
Starting with the Limbs — l'atelier — En répétition, les modules sur le plateau
Starting with the Limbs — l'atelier — Assis sur un module
Starting with the Limbs — l'atelier — Pendant la résidence, la moitié des modules sur un vélo cargo — avant le plan de démontage
Starting with the Limbs — l'atelier — Le plan d'une structure de sac, nœuds numérotés
Starting with the Limbs — l'atelier — La structure intérieure d'un sac, sur le même principe
Starting with the Limbs — l'atelier — La structure, dans sa housse
Starting with the Limbs — l'atelier — Un des quatre sacs, prêt pour l'avion
Starting with the Limbs — l'atelier — Essai en studio, septembre 2024
Starting with the Limbs — l'atelier — Essai en studio — une première structure, en ballons
Starting with the Limbs — l'atelier — Essai en studio — la structure tenue à bout de bras
Starting with the Limbs — l'atelier 2025

Des coudes imprimés qui relient des tubes : solides sous le poids d'un danseur, légers, et démontables pour partir en tournée.

Sur scène, on voit des structures organiques que les danseurs tirent, poussent, sur lesquelles ils montent. Ce qu'on ne voit pas, c'est la pièce qui tient tout : un coude imprimé, qui relie des tubes et se démonte à la main. Pour Starting with the Limbs, la pièce chorégraphique d'Annie Hanauer pour la cie L'Autre Maison, j'ai mis au point cette technique d'assemblage, seul, de la conception au prototypage jusqu'au produit fini — et l'essentiel du travail était dans un cahier des charges qui ne se voit sur aucune photo.

conceptspremiers coudes en PLAessais avec les danseurscoudes en PETGassemblageplateautournée

Ce cahier des charges était contradictoire. Les modules devaient être assez *solides pour que , assez légers pour être manipulés sans effort, démontables pour voyager et être stockés entre les représentations, et peu coûteux*. Chaque exigence tirait contre une autre.

La réponse tient dans . Les coudes sont imprimés en PETG, pour la solidité, et reliés par des tubes PVC. Chaque coude a plusieurs branches et porte trois à cinq inserts métalliques, posés au fer à souder dans des logements dessinés sur mesure ; les vis s'y vissent et tiennent les tubes. Un module compte dix à vingt coudes, de 200 g en moyenne. Certains sont coupés en deux pour tenir sur le plateau de l'imprimante. Des marquages, qui devaient rester invisibles du public, disent où va chaque branche, et le plan de démontage devait être à la fois rapide et compréhensible par n'importe quel technicien.

Ce qui a cassé, presque toujours, c'est . Quand les branches d'un même coude s'impriment en parallèle, la gravité travaille contre la pièce : la chaleur, la vitesse, l'épaisseur et la hauteur de mur, les porte-à-faux — donc l'orientation — se règlent coude par coude. Les ruptures sont arrivées en sortie d'impression, parfois à l'assemblage, rarement en répétition ou en spectacle. Une fois réglée, la pièce tient. Chaque coude demande trois à dix heures d'impression en PETG, deux fois moins en PLA : il a fallu deux Bambu Lab, et une Prusa XL pour les jours où elles ne suffisaient plus — plus lente et plus technique à régler, mais assez grande pour imprimer plus de trois coudes à la fois.

L'essentiel du temps est passé dans , comme dans tout travail paramétrique — et c'est ce qui le rend difficile à suivre de l'extérieur : le client ne peut essayer qu'une fois que tout est réglé. La production, ensuite, est du suivi d'assemblage, à la chaîne. Chaque coude devait d'abord mêler deux matières, flexible et PETG, plus intéressantes pour l'interaction avec les danseurs ; le calendrier a imposé le plus gérable. Le textile, prévu en avant-projet pour fermer des faces et dans les costumes, est finalement revenu à la costumière.

Démontable voulait dire : capable de prendre l'avion. Pendant la résidence, les modules ont encore traversé la ville en vélo cargo, à moitié montés. Pour la tournée, et l'ensemble tient dans quatre sacs, dont l'intérieur est lui-même une structure du même principe, sur des coudes réguliers.

GRASSHOPPERIMPRESSION 3DPETGBAMBU LAB A1PRUSA XLINSERTS FILETÉSTUBES PVC

Sculptures — L'échelle : trois pieds, à hauteur d'un lampadaire
Sculptures — Les tronçons, leurs jonctions et la ligne d'index — et la matière qui s'assombrit dans les courbes
Anastomose Une forme trouvée à l'envers, par la gravité — puis retournée, imprimée en tronçons, remontée. 2

Le mot dit la forme : une anastomose, c'est deux conduits qui se rejoignent après s'être séparés. La pièce fait exactement ça — des tubes qui divergent, se croisent et se referment en boucle, jusqu'à ménager un vide au milieu du volume. Elle tient sur trois pieds évasés, à hauteur d'un lampadaire.

Elle a été dessinée à l'envers. La définition laisse la gravité tirer sur la forme suspendue, et c'est la traction qui trouve les courbes ; on retourne ensuite l'ensemble pour l'imprimer et le monter. C'est la vieille méthode des maquettes suspendues, celle de la Sagrada Família : ce qui pend en tension pure devient, une fois retourné, une structure qui ne travaille qu'en compression. La forme n'est donc pas un tracé qu'on a corrigé jusqu'à ce qu'il tienne — elle est ce que les efforts ont donné.

Le PETG est translucide, dans une gamme d'ambre et de rouge. La lumière traverse au lieu de s'arrêter à la surface : dans les courbes serrées, l'épaisseur de matière devient visible et la couleur s'assombrit toute seule. C'est cette translucidité qui fait qu'un tube n'a l'air ni plein ni creux, et qui donne à l'ensemble sa qualité de vaisseau plutôt que de tuyau.

La forme dépasse largement le volume d'impression, alors elle est découpée en tronçons qui tiennent dans le plateau d'une A1. Chacun reçoit un emmanchement femelle à ses deux bouts, et l'assemblage se fait par un tube glissé à l'intérieur, d'un logement à l'autre. Les tronçons sont numérotés — sans quoi rien ne dirait lequel va avec lequel — et chacun porte une ligne gravée le long du corps. Elle sert d'abord d'index : c'est elle qui donne l'angle de rotation d'un tronçon par rapport au suivant, la seule façon de ne pas monter la pièce de travers. Et comme elle se poursuit d'un tronçon à l'autre, elle finit par courir sur toutes les branches : un repère de montage devenu un trait continu à la surface de la sculpture.

Les couleurs viennent de fins de bobines, mais choisies — toutes dans les ambres et les rouges. Rien n'a été fait pour masquer les changements : ils tombent aux jonctions, et c'est voulu. La pièce dit comment elle a été faite au lieu de faire semblant d'être sortie d'un seul bloc.

GRASSHOPPERIMPRESSION 3DPETGBAMBU LAB A1
Sculptures 2026

Des volumes plus grands que la machine : imprimés en tronçons, remontés en une pièce.

Une famille de pièces dont la forme dépasse le volume d'impression. Elles sont donc découpées, tirées en parties, puis remontées — et la découpe cesse d'être un contretemps de fabrication pour devenir une décision de dessin : c'est elle qui dit où la forme a le droit d'être interrompue.

Le parti pris est de ne pas effacer les jonctions. Poncer, mastiquer, repeindre coûterait des jours et ferait mentir l'objet sur la façon dont il est né. Laissées visibles, les lignes de reprise donnent un rythme à la pièce et rappellent qu'une machine de trente centimètres a produit un objet d'un mètre.

Ce qui suppose que le découpage soit prévu dans la définition, pas subi au moment de trancher : emmanchements dans la matière, numérotation, repères d'orientation. Un tronçon doit pouvoir dire tout seul où il va et dans quel sens.

GRASSHOPPERIMPRESSION 3DPETG

Moule — Tiflik — Le moule en trois pièces, imprimé en PLA, avec le logo de Tiflik
Moule — Tiflik — Les trois pièces emboîtées
Moule — Tiflik 2026

Un moule en trois pièces, imprimé en PLA, pour des contenants de bougie parfumée.

Tiflik

IMPRESSION 3DPLASILICONE

Kaftan — conception de motifs pour broderie main — Le kaftan brodé sur mannequin — le motif floral sur l'empiècement
Kaftan — conception de motifs pour broderie main — En pied — la broderie s'arrête à la taille, le brocart prend le relais
Kaftan — conception de motifs pour broderie main — Le motif de départ, généré numériquement
Kaftan — conception de motifs pour broderie main 2024

Un motif généré puis mis à l'échelle et en couleur, pour que les brodeuses l'interprètent à la main.

Atelier de couture Zaa

Kaftans brodés main à partir d'un motif généré numériquement puis retravaillé pour servir de plan de broderie à l'atelier. Le motif de départ — ici une texture florale continue — est corrigé en couleur et en échelle avant d'être transmis aux brodeuses, qui l'interprètent à la main, point par point. La même méthode que celle développée pour mes recherches de motifs de broderie, appliquée ici à une pièce commandée.

MIDJOURNEYPHOTOSHOPBRODERIE

Des dispositifs pour le plateau, la vitrine et le décor — pensés pour tenir, se remonter ailleurs, ou sortir en série.

Un dispositif de scène, une vitrine ou un décor ne se fabrique presque jamais une seule fois, au même endroit, par les mêmes mains. Il doit se démonter pour voyager, se reconstruire dans un autre théâtre, sortir en cent exemplaires, ou passer par l'atelier d'un autre. C'est souvent là que se joue la conception.

Imprimer sur l'étoffe plutôt qu'à côté — et, avec un atelier de couture marocain, trouver une place à l'impression à côté de la main, jamais à sa place.

Deux chemins mènent ici. Une recherche personnelle, d'abord : imprimer directement sur l'étoffe, au lieu d'imprimer un objet qu'on coudrait ensuite. Et un travail au long cours avec un atelier de couture marocain, où l'impression trouve sa place à côté des gestes de la tradition. Les deux se nourrissent.

Quand la pièce imprimée est l'objet lui-même — et ce que la fabrication laisse voir à sa surface.

Ici, l'impression n'est plus cachée dans un moule ou sous une peau : elle est l'objet. Ce qu'on voit à sa surface, c'est la façon dont il a été fait.

Quand la pièce n'existe qu'à l'écran : un vêtement qui marche avant d'être cousu, un monde dans lequel on entre.

Ici, rien ne sort d'une machine : la pièce existe à l'écran. Un vêtement y marche avant d'avoir été cousu, et le spectateur y entre.

Disponible — missions freelance, intermittence du spectacle, portage salarial. Marseille · Paris · remote.